« Il faut descendre pour pouvoir s'élever! » – Sharon Gannon et David Life
Ce mois-ci, explore la beauté des contrastes et des polarités qui coexistent en toi et autour de toi. Le yoga nous enseigne que pour s’élever, il faut d’abord s’ancrer. Pour trouver la lumière, il faut aussi reconnaître l’ombre. Il ne s’agit pas de fuir les tensions, les doutes ou les luttes, mais d’apprendre à les habiter, à les écouter, à en faire une matière vivante, fertile, transformative. En nous inspirant des enseignements de nos guides et de la sagesse du vivant, nous choisissons de nous relier à la terre, aux racines, au souffle et à la présence, pour mieux ressentir notre force intérieure.
Les opposés — le haut et le bas, le vide et le plein, le mouvement et le silence — ne sont pas des contradictions mais des partenaires de danse. Ils nous invitent à l’équilibre, à la fluidité, à l’écoute. Dans chaque chute, il y a une leçon. Dans chaque repli, un potentiel de renaissance. Le yoga devient alors un espace sacré où nous pouvons transformer notre douleur en empathie, notre inquiétude en confiance, notre sentiment d’isolement en lien profond. Là où nous nous croyions seule, nous découvrons l’interconnexion de tout : comme les mycéliums sous la terre ou le filet d’Indra dans la tradition védique, chaque être, chaque geste, chaque souffle est relié à l’autre.
Patañjali nous rappelle dans les Yoga Sūtra (2.33) : « Vitarka-bādhane pratipakṣa-bhāvanam » — « Lorsqu’une pensée perturbatrice/négative surgit, cultive la pensée opposée. »
Ce simple principe nous invite à élargir notre regard : face à la peur, semer la confiance. Face à la colère, cultiver la compassion. Face à l’agitation, choisir la paix. Non pour nier ce qui est là, mais pour créer un espace de transformation, de choix conscient, de liberté intérieure.
Ce mois de juin, choisis de ralentir pour mieux ressentir. De ne pas rester figé dans les postures de l’ego ou dans la recherche de performance, mais de t’ouvrir à la pleine conscience dans le corps, dans la relation, dans l’instant. Engage-toi à cultiver des relations nourrissantes, équilibrées, dans lesquelles tu donnes et tu reçois avec justesse. Pratique l’écoute, la présence, le souffle. Souviens-toi que tu n'es jamais séparé de la vie, de la nature, ni même de l’autre.
Quand la sensation de séparation fond, alors il y a yoga (union). Et dans cette union des contraires, trouve un espace de paix, de créativité, de liberté.
Comme le dit encore Patañjali, « Yogaś citta-vṛtti-nirodhaḥ » (I.2) — « Le yoga est l’arrêt des fluctuations du mental. »
C’est dans ce silence fertile, entre l’inspire et l’expire, entre l’élan et le retour, que tu peux sentir la vastitude de l’instant présent et te souvenir que tu es déjà entier.
Par Huma Jalil · Juin 2025
~ Traduction et adaptation : Manorama
